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L'EGLISE
L'église de Bouquehault est composée d'un choeur, d'une tour centrale, dont la partie haute a été remplacée par un clocher en charpente, et d'une nef. Ses murs, très épais, sont en pierre blanche calcaire dite de Bouquehault, un matériau que l'on extrayait jadis de carrières situées le long de la route qui, du village, mène à Montgardin. Ils reposent sur des fondations de silex.
A son origine, l'église de Bouquehault était, comme la plupart des églises de nos villages, en même temps qu'un bâtiment destiné au culte, un ouvrage de défense. Elle ne comprenait alors que le choeur et la tour qui formaient ce que l'on a coutume d'appeler la haute église. Elle appartenait à l'abbaye de Licques qui en assurait l'entretien et qui la faisait desservir par un moine tiré de son sein.
La nef ou basse église fût construite, par la suite, aux frais de la communauté paroissiale. La fabrique (1) en avait la charge. Rien ne permet de fixer, ne serait-ce qu'approximativement, la date de construction de la haute église. Quant à la nef, nous savons qu'elle existait avant 1625.
Dans l' "Epigraphie du Pas-de-Calais", publiée au début de ce siècle, Rodière écrivait au sujet de la haute église : "Le choeur est à deux travées... Le choeur et la tour sont voûtés d'ogives... Les nervures du choeur et de la tour reposent sur des colonnes courtes et tronquées portées sur culs-de-lampe". Et il concluait : "Le tout accuse le 16 ème siècle". Des documents, conservés dans les archives paroissiales, apportent la preuve que les voûtes du choeur et de la tour ont été entièrement reconstruites en 1626. Ce n'est pas certain que la reconstruction ait été faite dans un style identique à l'original. La haute église pourrait donc avoir été édifiée bien avant le 16ème siècle.
Rodière écrivait encore au sujet de la haute église : "Les murs du choeur et de la tour - qui n'est pas plus haute que lui - s'élèvent beaucoup au-dessus de la voûte et forment sous le comble une sorte de salle ou de chambre ; au pignon Est (se trouve) une cheminée - entre deux fenêtres hautes et étroites".
On accède à cette "salle" par un escalier étroit et voûté de gradins, logé dans l'épaisseur de la muraille côté Sud, et faiblement éclairé par une toute petite ouverture en forme d'archère. La tour servait d'observatoire et la "salle", qui se trouve sous les combles pouvait servir de refuge et en cas d'attaque, abriter un corps de garde. La cheminée permettait la préparation de projectiles enflammés.
On entrait dans la haute église par une porte assez large, percée dans le mur du côté Sud, laquelle était surmontée d'un linteau en plein cintre encore apparent de nos jours. Le seuil de cette porte devait se trouver au niveau du sol car l'édifice était en partie enterré.
Jadis, un chemin portant de la rue Catherine Chantraine aboutissait à cette porte. On n'en trouve plus trace mais, à son emplacement, de nombreuses pièces de monnaie, pour la plupart des sous, ont été mises à jour. Jetées probablement lors de baptêmes ou de mariages aux enfants et aux indigents, elles avaient été perdues et enfouies dans le sol. _________________________________________________________________________________
(1) Fabrique : Ensemble de personnages chargés de gérer les revenus de l'église.
C'est, semble-t-il, en 1697 que la base des murailles fut dégagée. A cette date on trouve en effet, dans le livre des comptes des receveurs de l'église, la trace de quatre paiements, effectués à Jacques Catto et à Jean Cadet, pour les "desblayes à Lentour des murailles de l'église".
Le jour ne pénétrait à l'intérieur de la haute église que par deux petites ouvertures aménagées l'une dans le mur du choeur situé du côté nord et l'autre dans le chevet. Il devait y faire bien sombre. L'édifice était, comme les maisons du village, couvert de chaume, avec faîtage en mortier d'argile que la végétation de plantes grasses (orpins et joubardes) consolidait.
Sous la haute église, il y aurait une crypte, dans laquelle on pénétrait par une ouverture, pratiquée à la base de la tour, du côté Est, encore apparente de nos jours. Un radiesthésiste, opérant à la demande de l'abbé Didiers, a certifié que, sous le choeur, il y avait de l'or. La nef a des murs un peu moins épais que ceux de la haute église. Elle avait, très probablement autrefois, un plafond en bois sous charpente. On y entrait par une porte unique qui devait se trouver du côté Sud à l'endroit où, par la suite, on allait construire la chapelle qui abrite les fonts baptismaux. La lumière du jour y pénétrait par quatre ouvertures étroites, deux de chaque côté - et par une fenêtre percée dans le pignon Ouest.
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Destruction de l'église :
En 1625, l'édifice était, pour une raison que nous ignorons, dans un état de délabrement extrême. La tour était à demi-ruinée, le toit du choeur inexistant, les voûtes défoncées, le sol fort endommagé. Quant à la nef il n'en restait que des pans de mur. Il y a tout lieu de penser que l'église avait été ravagée par un incendie allumé au cours d'une attaque ennemie. Les incursions espagnoles étaient alors fréquentes dans la région.
L'abbé Haigneré écrit à ce sujet dans son "Dictionnaire historique du département du Pas-de-Calais" : "On se défendait dans les églises; mais aussi, quand on avait le dessous, les églises étaient traitées comme des forteresses vaincues : l' ennemi les pillait, les brûlait ou les saccageait."
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1625 : Reconstruction de la haute église
On entreprit la reconstruction du choeur et de la tour.
En 1626 Guillaume Braure, marguillier, versa 250 livres aux "massons qui ont faiter la voûte tan du Coeur ce de la Tour" et en 1627, 6 livres à "Adrien... et à Timothée roberge pour avoir chargé de molons (2) tan la voûte de la Tour ce celle du Coeur". Les travaux de réfection furent poursuivis jusqu'en 1638.
On construisit un "tabernacle" en bois pour la cloche. On refit la toiture. A cet effet on acheta en grande quantité "des ramures (3), des gluys (4), des jarbes (5) et des harchelles (6)". On procéda au repavage de tout l'édifice - 1500 carreaux de Caen furent utilisés - On mit une nouvelle porte. On répara l'autel avec des pierres et des carreaux. On restaura "la cheminée à la chambre dessus l'église". Les vitres furent remplacées. C'est peut-être alors que l'ouverture existant dans le chevet fut agrémentée d'un vitrail : "la vitre du seigneur de Collehaut. Les murs intérieurs de l'église furent blanchis à la chaux. On raccommoda le tabernacle, le crucifix, les "imaiges". On bâtit deux petits autels.
Les deux petits autels furent construits en pierre, sous la tour, de part et d'autre de l'arc triomphal. Celui de gauche était à la gloire de la Vierge, celui de droite à la gloire de Ste Anne. Au-dessus de chacun d'eux, on creusa, dans la muraille, une niche destinée à recevoir une petite statue de la Sainte à laquelle il était dédié. Il semble bien que tous les objets du culte avaient été pillés puisqu'à la même époque on fit l'achat d'ornements pour le prêtre, d'une bannière, de deux chandeliers, d'une clochette, de deux burettes, d'un seau à l'eau bénite, de deux asperges, d'un missel, d'un graduel, d'un drap mortuaire. _____________________________________________________________________
(2) Molons : Pierres calcaires (3) Ramures : Branches longues et fines qui servaient de liteaux (4) Gluys : Bottes de paille de seigle (5) Jarbes : Gerbes (6) Harchelles : fines branches flexibles de noisetier qu'on utilisait pour lier |
1678 Reconstruction de la basse église :
En 1678 on entreprit la reconstruction de la nef.
Le 28 juin 1678, "au sorty de la messe de paroisse, après trois publications par trois dimanches consécutifs", deux marchés furent conclus pour la réfection de la basse église l'un "entre Gabriel Doultreau dit Gambul, masson, et Messieurs les Curé et habitans du village de Bouquehault, et l'autre entre Mtre Anthoine Barras, charpentier, au bourg de Licques et les mêmes Curé et habitans du village".
Gabriel Doultréau s'engageait "moiennant la somme de 330 livres à desmonter les veilles murailles jusques à la bonne massonnerie et à les réédifier à leur ancienne haulteur, avecq des entablemens nouveaux garnÿs d'une moulure, et à les rempièter tant par dehors que par dedans, à restaurer le pignon, à bâtir de nouveau un campenaire pour la cloche". Anthoine Barras promettait "moiennant la somme de 40 écus" de refaire les combles de la basse église et de la couvrir de sangles (7).
Les travaux furent réalisés au cours des années 1678 et 1679.
"Le marchez a esté faict au monsulin par Mrs le Curé, Colhaut merglier, Jacques Braure, François Cadet et autres habitans de Boucquehault, avecq les Religieux Carmes d'Ardres à cause des vieilles Cazernes q'ls avaient achepté du roy quand on a démoly led monsulin pour le bois q'l a fallu rebastir la basse église - la somme de quattre cent cinquante livres, et les habitants ont fait les voituriers pour aller quérir ledit bois aud monsulin à corvée gratis".
"Il a esté faict marchez avecq nommé Randou de Henneveux pour livrer des nouvelles sangles pour couvrir la couverture de lad basse église à huit livres le mille pour huit mille sept cent qu'l a fallu et quelq peu soixante dix livres cincq sols. 1684 Travaux de modernisation :
Cependant, le 16 mai 1684, Mgr Claude Le Tonnelier de Breteuil, évêque de Boulogne, écrivait à la suite d'une visite d'inspection : L'église "est toujours dans le désordre ; n'ÿ ayant pas de table d'autel un tabernacle indécent et point doublé, il ÿ a plusieurs réparations à faire tant au dehors q'au dedans de lad Eglise, quÿ n'est nÿ blanchie nÿ pancé, il ÿ a de l'obscurité faute de quelq vitres presq. point d'ornement ;
Q'outre cela pr donner plus de jour il est nécessaire d'ouvrir une grande porte au bout de l'église ; il n'ÿ a point de Chaire pr la prédication, point de confessionnal, nÿ de bénistier ; no' avons ordonné Commande par ces présentes no' ordonnons q' les revenus de lad Eglise de Bouquehault comme aussÿ touttes les sommes doubtes par les particuliers seront emploÿées aux réparations susd. Mandons au Doyen du .... de tenir la main à l'exécution des présentes et de no' faire un fidel raport du tout." Les travaux ordonnés furent confiés à Jacques Péron, "masson à Ballinghem", dès le 2 juillet suivant.
On lui demandait, "moiennant 30 écus, de construire une sacristie, de percer une grande porte avecq son ornemen ainsi qu'une fenêtre soubs la tour, de renduire et rempièter toutte l'église par dedans et dehors de la blanchir et la paver avecq carreaux de Caen et autre travail".
Le tout fut réalisé au cours des années 1684 et 1685.
(7) Sangles : Planchettes de chêne de forme rectangulaire
Le sacristie, assez exigüe, fut bâtie en pierres calcaires et couverte de sangles. Elle avait, semble-t-il, une entrée sur son côté Sud et une fenêtre sur son côté Est. Elle fut pourvue d'une cheminée. Une croix de fer fut fixée au sommet de son pignon. La porte de la haute église qui avait perdu de son utilité fut remplacée par une fenêtre.
Pour satisfaire aux exigences de l'évêque on fit fabriquer une chaire et un confessionnal. On acheta un bénitier. Sans doute aussi fit-on installer une table d'autel et modifier le tabernacle.
La "chaire de vérité" coûta 45 écus. Elle fut placée sur le côté droit de la basse église, entre les deux fenêtres. Le confessionnal fut fabriqué par "Maître Nicolas de Wuismes".
Le bénitier est encore visible. Il se trouve au côté gauche de la nef près de la porte d'entrée. Il est en marbre veiné de rouge. Il dépasse de trois pans la muraille où il est appliqué. Il porte deux fois, sur le bord de la coupe et sur les pans, cette inscription sans date : F. MAILLARD. Quand les travaux de réfection à l'intérieur de l'église furent achevés, on fit poser des lambris en chêne dans le choeur, la tour et la nef. C'est en 1689 que fut mis en place le retable du maître autel que l'on peut encore admirer de nos jours. Il fut livré pour la somme de 213 livres. C'est un chef-d'œuvre de Jean Garret alors "maître-menuisier" à Calais.
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 1700 - 1770 Travaux d'entretien :
En 1700, l'église était entièrement restaurée. Cependant, si la basse église et la sacristie étaient couvertes de sangles, la haute église restait couverte de chaume. La toiture du choeur et celle du "beffroye" exigeaient un entretien continuel. De 1700 à 1715, nombreux furent les paiements effectués à Jean Cadet, couvreur de paille, pour "travaux à la couverture de la haute église". - En 1715, on entreprit de remplacer progressivement le chaume puis les sangles par des ardoises. - Ce n'est que vers 1770 que l'église fut complètement couverte d'ardoises.
A l'extérieur, l'eau de pluie et le gel érodaient, sur toute leur surface et plus encore à leur base, les murs en pierre calcaire. Le pignon du côté Ouest, le mur du côté Sud et le pignon qui soutenait le clocher, exposés aux vents dominants, allaient se détériorant. En 1753 il fallut "desmonter et refaire le campenaire qui tombait sur la basse église".
A l'intérieur, les murs étaient presque continuellement humides étant donné la nature de leur matériau et à cause du manque d'aération et de l'absence de chauffage. Une mousse verte s'y développait contre laquelle il fallait lutter par de fréquents badigeonnages à la chaux. On ne pouvait pas empêcher le pourrissement du bois qui se trouvait au contact de la pierre calcaire. En 1742, il fallut procéder au "rétablissement" du confessionnal et en 1754 au remplacement d'une partie importante des lambris.
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Les revenus de l'église avant la Révolution :
Avant la Révolution l'église de Bouquehault possédait d'importants biens fonciers qui provenaient de donations dont certaines remontaient au moyen âge. Déjà en 1625 elle mettait en location environ vingt mesures de terre à labour et une carrière, dont on extrayait de la pierre à bâtir, pour un montant total de 116 livres 17 sols. En 1685, la propriété de l'église s'étendait sur la même carrière et sur quelque 26 mesures de terre à labour réparties en 14 parcelles.
La location de ces biens, consentie pour une durée de trois ans, se faisait le premier dimanche d'octobre, à l'issue de la messe, après avoir été annoncée au prône durant trois dimanches consécutifs. Chaque parcelle était mise à prix avec l'accord du prêtre. Elle était attribuée au plus offrant et dernier enchérisseur. Le loyer devait en être versé à la St-Michel (29 septembre) Un parent ou un ami du locataire devait se porter garant du paiement. Le montant de la location dépendait évidemment de la parcelle, de sa situation, de sa surface et du nombre d'amateurs. En 1685, il allait de 1 livre à 14 livres. En 1700, il allait de 1 livre à 11 livres 10 sols. La carrière fut attribuée pour 2 livres en 1685 à 5 livres en 1700. Le revenu total des biens fonciers s'élevait en 1685 à 156 livres 9 sols. En plus de ses biens fonciers, la fabrique possédait le presbytère, l'école et le cimetière. Le presbytère se trouvait à l'emplacement du presbytère actuel. L'école se situait vraisemblablement au voisinage de l'église.
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1725 Vie religieuse et état de l'église :
En 1725, le curé de Bouquehault était le frère François Lefebure. Il avait succédé en 1705 au frère Camin. Il était âgé. Le frère Lefebure était satisfait de ses paroissiens : Il y avait à Bouquehault 300 personnes ayant communié. Il n'y avait ni huguenots, ni pêcheurs scandaleux, ni ménages désunis, ni gens se livrant à des pratiques superstitieuses. Personne ne négligeait de faire instruire ses enfants. Il n'y avait aucune réparation à faire à l'église. L'autel et le tabernacle étaient en bon état, les fonts baptismaux étaient en bon état et renfermés, le confessionnal était propre et bien placé, les vases en argent et tous les autres ornements étaient "très bons". Le presbytère était "passablement bon", mais les granges étaient en très mauvais état. Le cimetière était fermé. La partie libre de sépultures était plantée d'arbres sans qu'il n'y eût cependant d'arbres à fruits. Le prêtre, seul décimateur de la paroisse, percevait une dîme évaluée à 1100 livres. Il n'y avait pas de recette des pauvres. Le frère Lefebure estimait à 60 livres le revenu annuel de la fabrique, ce qui paraît bien en-dessous de la réalité.
1753 Vie religieuse et état de l'église :
En 1753, le frère Nicolas Augustin Savary était curé. Né à Alembon en 1713, ordonné prêtre en 1738, il exerçait son sacerdoce dans la paroisse depuis trois ans. Il avait succédé au frère Mesnel qui, lui, avait remplacé le frère Lefebure. Les paroissiens lui donnaient, à lui aussi semble-t-il, entière satisfaction. Il écrivait : "Il y a deux cent quatre vingt dix communiants. Tout le monde satisfait au devoir passecal depuis trois ans. Il ne se trouve aucun pêcheur scandaleux nÿ gens du divorce." Et, au sujet des pratiques superstitieuses : "il ne s'en trouve plus depuis trois ans". (Il faut croire qu'elles étaient réapparues sous le ministère du frère Mesnel).
L'usage des reines dans la dévotion à la Vierge était conservé. Les bancs étaient arrentés sans difficultés. Le prêtre écrivait encore : "Il ne se trouve aucune confrérie mais les habitants supplient monseigneur de leur permettre l'établissement de la confrérie de la charité." Il ne se faisait "point d'entreprise sur les personnes, droits et biens ecclésiastiques". La fermeture des cabarets et l'interdiction des danses et des jeux pendant l'office divin étaient respectées. Il n'y avait toujours pas de huguenots. Le frère Savary était satisfait de son presbytère qui venait d'être "réparé de nouveau en partie" . Il se plaignait de l'état de l'église. Il fallait une couverture neuve au choeur et un nouveau clocher. (Ces réparations furent effectuées au cours de l'année 1753). S'il reconnaissait que les vases sacrés en argent étaient en bon état et qu'il ne manquait ni ornements ni linge, il estimait, par contre, que tous les livres étaient à renouveler.
Seul décimateur le frère Savary avait une dîme "affermée" six cents livres, ce qui paraît peu en comparaison de ce que percevait le frère Lefebure 28 ans auparavant. La fabrique avait dix-huit pistoles (soit 180 livres) de rente y compris les bancs. Plusieurs particuliers, dont la plupart étaient insolvables, lui devaient plus de cent pistoles. Le cimetière était bien clos et les arbres et les herbages en étaient affermés.
1785 :
En 1785, étant donné l'état de dégradation dans lequel se trouvaient les deux petits autels en pierre calcaire qu'on avait construits sous la tour vers 1626, on décida de les remplacer par deux petits autels en bois, avec retables et de procéder, en même temps, à l'ornementation de l'arc triomphal. L'autel de gauche serait dédié à la Vierge et celui de droite à St-Joseph. Une somme de 180 livres fut attribuée à Antoine Boidart, maçon à Licques, qui démonta les petits autels en pierre, qui repava leur emplacement et qui refit l'arche en briques rouges. C'est Jacques François, menuisier à Licques, qui, pour un montant de 450 livres, fabriqua les deux nouveaux autels et leurs retables ainsi que la garniture de l'arc triomphal, le tout dans un style à peu près identique à celui du retable du choeur.
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A la veille de la Révolution :
A la veille de la Révolution l'église de Bouquehault avait de nouveau besoin de sérieuses réparations. Il fallait aussi remplacer des meubles et des objets du culte. Le 9 juin 1782, "les Sieurs Curé, Marguillier et principaux habitants" s'étaient " assemblés au banc de l'oeuvre afin de délibérer sur les réparations les plus urgentes". Mais cette réunion ne fut suivie d'aucun effet.
Le 3 décembre 1783 - vraisemblablement à la demande du Frère Lecointe curé - l'abbé Godde, curé-doyen de Guînes, "s'étant transporté en la paroisse de Bouquehault à l'effet d'y visiter l'église" fit observer ce qui suit : "1° le choeur ÿ est fort obscur et il faudrait en aggrandir les jours et surtout la fenêtre du côté de l'évangile (côté gauche) et audessus du pulpitre, qui doit être au moins aussi haute et aussi large que celle du côté de l'épître ; les vitres de ces deux fenêtres sont de toute nécessité a renouveler entièrement, faut fermer celle qui sont au haut du pignon et qui nuisent à la voute du choeur. 2° il faut un nouveau tableau d'autel, l'ancien dont il ne reste que le milieu entouré de papier étant fort indécent, la boiserie de la table d'autel est dans un très mauvais état, et si elle n'est pas a refaire totalement en neuf, elle doit du moins être raccomodée et peinte en plusieurs endroits, le bas du marchepied de l'autel est fort défectueux et au moins à raccomoder. 3° il faut une nouvelle balustrade ou table de communion ou au moins bien réparer et fortifier l'ancienne, si elle en est susceptible. 4° il faut au moins un devant d'autel et qui soit de toutes couleurs ainsi qu'une chappe, il est nécessaire d'une étole violette qui reste au presbitère pour les administrations nocturnes et pressantes. 5° il faut un nouveau missel et tous nouveaux livres de chant, graduel antiphonaire et processionnal, tous les vieux, ainsi que le missel étant déchirés et hors d'état de service. 6° il faut un nouvel encensoir et sa navette, et de nouvelles burettes. 7° le confessionnal est a refaire en neuf, ne paraissant pas susceptible de réparations solides. 8° l'angle du pignon de la sacristie du coté de mer est a réparer ainsi que les vitres de la fenêtre le toit à garnir de mortier contre les murs ; il faut y mettre quelques ardoises en place de celles qui manquent". L'abbé Godde adressa le compte-rendu de sa visite à Mgr. François de Partz de Pressy, évêque de Boulogne. Le prélat, par lettre en date du 20 décembre suivant, ordonna que les "réfections réparations et fournitures" soient" incessamment faites par ceux qui de droit en sont tenus" et autorisa le Frère Lecointe" à se pourvoir par devant qui et ainsi qu'il appartiendra".
Le prieur et les religieux de l'abbaye de Licques promirent de "faire faire incessamment les ouvrages fournitures et autres choses mentionnés au procès-verbal qui se trouvaient être à leur charge". Mais les années passèrent sans que rien ne fût entrepris. C'est que l'abbaye connaissait de graves difficultés financières. Elles avaient commencé, au début de l'année 1784, lorsque Mgr de la Fare, abbé commendataire, en avait fait scinder les revenus en trois parts égales : la première pour lui, la deuxième pour les religieux et la troisième pour les charges du monastère. Elles s'étaient aggravées en 1785 quand le même Mgr de la Fare, ayant de gros besoins d'argent, avait saisi la manse conventuelle privant ainsi les religieux de toute ressource.
Le 28 juin 1789, les curé, marguillier et personnages importants de la paroisse se réunirent à nouveau " à l'effet de délibérer sur les moyens d'exécuter les ouvrages arrêtés dans la délibération du 9 juin 1782 et de constater toutes les réparations et reconstructions à faire à l'église laquelle menace ruine de toutes parts". Il fut convenu : "1° que les ouvrages mentionnés à la surdite délibération du 9 juin 1782 qui consistent en une balustrade à faire en neuf ainsi que la principale porte de l'église, en une réparation à la chaire de vérité et au confessionnal" seraient "exécutés à la diligence de Nicolas-François-Antoine Bernet marguillier, sans aucun retard". 2° que le même Nicolas Bernet ferait faire un banc de marguillier avec un buffet fermant à trois clés pour renfermer les titres de la fabrique. 3° qu'on ferait faire pour l'office des morts une chaise dite des morts. 4° que tous les objets exécutés et payés la basse église dont les murs sont pourris et tombent de toute part tant bien que la charpente et la couverture sera démolie et reconstruite ou seulement réparée si elle en est encore susceptible ce qui sera décidé par des experts que le marguillier fera appeler pour en faire la visite en constater l'état et estimer la dépense à y faire". C'est Jean-François Fialdes "maître-maçon" demeurant à Calais qui le 10 août 1789 fit l'expertise en présence du Frère Lecointe et de Nicolas Bernet. Il estima qu'il était de "nécessité indispensable : 1° de restaurer le pignon face au couchant 2° de percer une fenêtre au-dessus du portail 3° de rempièter le mur face au midi 4° de reconstruire le pignon en dedans de l'église portant en côté du clocher qui se trouve lézardé et vétuste 5° de remplacer les quatre croisées par des croisées en pierre ayant les mêmes dimensions et de percer des autres croisées dans les deux trumeaux 6° de refaire la charpente et ensuite la couverture en ardoises d'Angleterre" Le montant des travaux et fournitures devait atteindre 3514 livres. Il fallait y ajouter "le dixième de profit" pour l'entrepreneur, ce qui devait porter la dépense à 3865 livres 8 sols. Le 3 octobre 1789, Mgr Partz de Pressy, dans une lettre adressée aux moines de l'abbaye de Licques regrettait "que les ouvrages, réparations et fournitures mentionnés en son procès-verbal du 3 décembre 1783 et ordonnés par lui en date du 20 n'aient point été exécutés malgré tous les efforts persévérants du Sr Lecointe, prieur-curé de ladite église, et la promesse et engagement par écrit de m.m. les prieur et religieux de l'abbaye".
Il ordonnait à nouveau que les réparations soient faites incessamment et demandait qu'on fournisse, provisoirement et au plus tôt, "pour la décence des offices divins", au moins une chasuble de couleur blanche et rouge, une nappe d'autel et un missel. Le prélat semblait ignorer que les religieux de Licques étaient dans le dénuement le plus complet.
Pour réaliser ce qui avait été prévu au cours de la délibération du 28 juin 1789 et ce qui avait été jugé indispensable par l'expert, la fabrique ne disposait que de mille livres environ. On envisagea donc de contracter un emprunt ou de vendre tous les arbres du cimetière. On en était là quand, le 2 novembre 1789, les biens du clergé furent mis à la disposition de la nation. Il fallut, de ce fait, abandonner tous les projets. La loi du 5 novembre 1790 stipulait (article 33 du titre 2) qu'il serait pourvu aux moyens de fournir a compter du 1er janvier 1791 aux réparations et entretien des églises paroissiales, des presbytères, des clôtures de cimetière ainsi qu'à la dépense des livres, vases, ornements et autres dépenses dont étaient ci-devant tenus les décimateurs tant laïcs qu'ecclésiastiques. En vertu de cette loi, le Conseil Général et le marguillier en charge de la commune de Bouquehault adressèrent, le 1er décembre 1791, au Directoire du district de Calais, une pétition par laquelle ils demandaient que les réparations, reconnues depuis longtemps nécessaires au maître-autel et au choeur de l'église, fussent "incessamment exécutées" et que la dépense de ces travaux, qui étaient autrefois à la charge des religieux de l'abbaye de Licques comme gros décimateurs, soit prise sur le produit de la vente des biens de ladite abbaye. Les administrateurs composant le directoire du district, "oui le rapport et le Procureur-syndic", accueillirent favorablement la requête des Bouquehaultiers.
Le 17 décembre 1791 ils nommaient Pierre Durand, maître-maçon à Ardres, pour faire "en présence de deux commissaires de la municipalité de Bouquehault, visite du choeur de l'église et dresser devis et détail estimatif des réparations urgentes... à faire audit choeur". Les municipaux et le marguillier ne s'étaient pas montrés trop exigeants. Ils n'avaient demandé que la remise en bon état du choeur. Elle fut réalisée probablement au cours de l'année 1792.
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 1791 . Les affaires religieuses :
La constitution civile du clergé, qui fut votée par l'assemblée constituante le 12 juillet 1790 et ratifiée par le roi le 26 décembre suivant, obligeait les ecclésiastiques à prêter serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi. Nombreux furent les prêtes qui refusèrent. Ce fut le cas du frère Lecointe qui cessa d'exercer ses fonctions sacerdotales à Bouquehault en août 1791. Sa signature figure pour la dernière fois sur le registre de catholicité à la date du 30 juillet. Comme la plupart des moines de Licques répartis dans les paroisses, il entra probablement dans la clandestinité. L'abbé François prêtre assermenté lui succéda. Conformément à la loi du 24 novembre 1790 relative aux circonscriptions paroissiales à créer et aux suppressions d'églises, l'évêque constitutionnel du Pas-de-Calais, Porion, avait, en mai 1791, procédé à la délimitation des paroisses du district de Calais. Il avait suggéré la création de succursales - on entendait par succursale une église qui supplée à l'insuffisance d'une autre église - et proposé que l'église de Campagne soit prise en charge par l'église de Bouquehault. Dès qu'ils avaient eu connaissance de ce projet, les municipaux de Campagne avaient, par lettre en date du 13 juin 1791, protesté auprès du Conseil de district de Calais qui devait statuer en dernier ressort. Georges Sangnier écrit à ce sujet dans son ouvrage intitulé : "Les édifices religieux du Pas-de-Calais et la Révolution." Les protestations contre certaines réunions de paroisses sont parfois inspirées par des motifs assez peu démocratiques. Le maire et quelques municipaux de Campagne protestent contre leur rattachement à Bouquehault parce que "leur réunion avec (cette) paroisse est impossible, qu'ils ont (eux-mêmes) de grosses fermes sont tous cultivateurs et n'ont point de pauvres, (tandis) qu'à Bouquehault au contraire il n'y a qu'une ferme et que presque tous les habitants sont pauvres, accoutumés à gagner leur vie dans les bois, ayant des moeurs sauvages et avec lesquels les habitants de Campagne plus doux, plus tranquils et plus polissés ne sauraient jamais s'impatiser". Contre les pétitions de Campagne "remplies d'atrocités et d'injures", Bouquehault, "couvrant d'un souverain mépris ces diatribes réitérées", propose au district de Calais une nouvelle consultation des communes intéressées" pour éviter tout équivoque". Les protestations des Campagnards furent vaines. Des décrets définitifs furent pris le 21 septembre 1791 qui fixaient les paroisses qui seraient conservées, les églises qui deviendraient succursales et celles qui seraient supprimées. L' église de Bouquehault devenait succursale. Elle prenait en charge l'église de Campagne. L'abbé Charles-François Degrez, curé de Campagne, qui avait refusé de prêter serment, ne cessa son ministère dans la paroisse que lorsque le Conseil de district en eût décrété son expulsion. Il trouva refuge à Dippendal, auprès de sa nièce Claudine Degrez, épouse de Nicolas-Antoine Bernet. Il y vécut dans la clandestinité.
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Vente des biens de l'église :
Les biens de l'église, qui avaient été déclarés proprieté de la nation, furent mis en vente aux enchères sous la Révolution. 6 mesures de terres à riez (terres pauvres), situées au lieudit "Les Carrières, furent adjugées à Nicolas-Antoine Bernet de Dippendal, pour la somme de 1900 livres, le 19 floréal An 1 (8 mai 1793.
La totalité des terres à labour, sises sur le territoire de Bouquehault, soit 17 mesures et 75 verges, fut vendue à Bouquehault, le 17 germinal An III (6 avril 1795). Le prix à la mesure variait entre 1025 et 4850 livres. La vente rapporta au total 53 775 livres. Les 4 mesures et un quarteron, sises au lieu-dit "La Rue Française", sur le territoire de Campagne, furent vendus à Campagne le 19 prairial An III (7 juin 1795).
Le presbytère et l'école furent mis en vente en vertu de la loi du 28 Ventose An 4 (19 mars 1796) La "maison presbytérale", avec bâtiments et jardin, le tout sur 80 verges, fut acquise par Charles Valentin Bernet - le frère de Nicolas Antoine - d'Ardres, pour 1751 francs, (8) le 2 thermidor An IV (20 juillet 1796) - L'école revint, le 6 nivose An V (26 décembre 1796), à Philippe Démaretz de Bouquehault, pour 200 francs.
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1793 Fermeture de l'église :
L'église de Bouquehault fut, comme toutes les églises de France, fermée au culte en novembre 1793. Il ne semble pas qu'elle ait été mise en vente, comme le fut l'église de Campagne, le 28 ventose An VII (18 mars 1799) ou qu'elle eut à souffrir du vandalisme révolutionnaire.
1802 Réouverture de l'église :
La signature du Concordat de 1801 amena sa réouverture l'année suivante, avec pour prêtre-desservant l'abbé Charles Degrez. Le presbytère fut restitué à la fabrique par Valentin Bernet, son acquéreur. La réorganisation religieuse, qui fit suite au Concordat, ne modifia en rien la décision prise, en 1791, par le Conseil de district de Calais : l'église de Bouquehault demeurait succursale avec celle de Campagne pour annexe. ___________________________________________________________________________
Note (8) A partir du 18 germinal An 3 le franc remplace la livre. 1803 Réparations urgentes à la haute église : Le bâtiment, laissé à l'abandon pendant huit années, avait subi quelques dégradations. Les réparations les plus urgentes à la haute église furent, semble-t-il, effectuées, dès le rétablissement de l'exercice du culte, à la diligence et aux frais de Mme Bernet-Degrez.
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19e siècle. Dons et legs en faveur de l'église :
Sous le consulat, les fabriques furent rétablies en tant qu'établissements civils. Par arrêté du 7 thermidor an XI, (26 juillet 1803) une partie des biens, mis sous séquestre sous la Révolution, leur fut restituée. La fabrique de Bouquehault rentra en possession d'une parcelle de terre à labour de quatre mesures environ, sise à Campagne au lieu-dit "La Rue Française". En vertu d'un autre arrêté pris à la même date, les fabriques furent autorisées à recevoir des dons et legs chargés de fondations.
Une parcelle de terre, d'une superficie de 1 ha, 45 a, 70 ca, située sur le territoire de Bouquehault, au lieu-dit "Le Chemin Jean Leleu", provenant d'un legs de Mlle Ursule Bernet, fut attribuée à la fabrique par décret du 15 mars 1836. Une autre parcelle, située à Campagne au lieu-dit "La Caterie", léguée par les époux Carbonnier-Boclet, lui revint, par arrêté préfectoral, en date du 4 mars 1872. La fabrique de Bouquehault entra également en possession de plusieurs rentes dont une de 94 F, provenant d'un legs de Mlle Amélie Bernet, par autorisation du 6 février 1891.
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 Les revenus de l'église au 19 ème siècle :
Sur les différents budgets de la fabrique établis au 19e siècle, on voit apparaître au chapitre des recettes le produit: - des biens restitués en vertu de l'arrêté du gouvernement du 7 thermidor An XI - des biens dont l'acceptation a été également autorisée depuis le 7 thermidor An XI, - de la location des bancs et des chaises, - des quêtes faites pour les frais du culte, - de la cire revenant à la fabrique, - du spontané du cimetière, - des droits que la fabrique perçoit dans les services religieux, - de ce qui a été trouvé dans les troncs.
Le montant des recettes était de 194 F en 1811. Il atteignait 646 F en 1892. Tout au long du 19e siècle, la fabrique put faire face à des dépenses considérables grâce : à ses revenus, à la grande générosité des paroissiens - personnes aisées et petites gens - à l'aide de la commune et aux libéralités de plusieurs curés.
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19e siècle - Travaux de restauration, d'entretien, d'embellissement :
Il serait fastidieux d'énumérer tout ce qui a été fait au cours du 19e siècle. Nous ne retiendrons que les réalisations les plus importantes. En 1813, on a dépensé 850 F pour le "pavé de l'église". Ce carrelage, en pierre de Stinkal, recouvre vraisemblablement de nombreuses pierres tombales. En effet, jusqu'en 1776, des nobles, des curés, des gens fortunés ont été enterrés dans l'église. Au cours des années 1831 et 1832, des travaux, si importants que l'on a parlé de reconstruction de la basse église, ont été effectués. On a utilisé une grande quantité de bois de charpente et 11 700 ardoises, pour refaire complètement la toiture, et 1600 briques pour rempièter la muraille côté Sud.
On a versé :
153 F pour 76 jours et demi de travail à Legrus charron, 249 F pour 124 jours un quart à Alexandre, maçon, 64 F pour 51 jours et demi à un manoeuvre, 65 F à Bonnet, maréchal.
Alexandre François, de Rodelinghem, a réalisé le plafond de plâtre de la basse église pour 222 F. On a procédé à la dépose puis à la pose de lambris. On a refait l'encadrement du portail avec des pierres calcaires. En 1837, on a modifié les fenêtres de la basse église. On leur a donné une forme "plus convenable et plus régulière". C'est en 1852, sur la proposition de l'abbé Demory, curé, qu' a été construite la tribune. Le prêtre s'engageait à fournir tous les bois nécessaires à la construction, "à ses propres frais et sans qu'il puisse jamais demander aucune indemnité à cet égard". Le Conseil de fabrique acceptait de payer tous les frais de façon, c'est à dire les journées d'ouvriers, les clous et ferrailles nécessaires et, de plus, l'ouverture sur le pignon d'une ou deux fenêtres selon l'utilité. On ne put mettre en place qu'une seule fenêtre après avoir surélevé en partie le plafond de la nef. En 1857, on a fait repeindre et redorer le maître-autel. "La fabrique avait proposé, comme il était en chêne, de le vernir à bois apparant ; mais cela s'était avéré impossible. On avait rencontré, sous la colle appliquée en 1838, un carrelage de toutes sortes de couleurs (blanc bleu rouge vert jaune) appliquées peut être depuis des siècles et qui faisaient corps avec le bois. On avait constaté que le bois de chêne était fort dégradé, raccommodé avec d'autres bois étrangers et remplis de clous." On a donc demandé à M. Germain, peintre-doreur à St-Omer, d'en faire disparaître la colle, de le repeindre en blanc et de le redorer au "corps gras". En 1858, on a fait repeindre et redorer les deux petits autels et le calvaire.
On a fait repeindre toutes les boiseries de l'église et de la sacristie. On a fait redorer le chemin de croix. C'est de 1859 que date la chapelle baptismale. Au début du 19e siècle, les fonts baptismaux se trouvaient à proximité de l'entrée de l'église. Ils étaient entourés d'une grille. En 1840, afin de libérer une place, précieuse aux jours de fête pour les fidèles, l'abbé Marcant avait fait fixer la cuvette baptismale à la muraille. Mais, lors de la visite qu'il avait effectuée le 5 mai 1855, Mgr Parisis, évêque d'Arras, avait fait observer que le statut 69e du règlement diocésain faisait obligation de détacher les fonts baptismaux de la muraille. Sur la proposition de l'abbé Dutoit, les fabriciens décidèrent de faire construire, au bas de l'église, sur le côté droit, une petite chapelle où pourraient être érigés les fonts. La construction fut réalisée grâce à la générosité des paroissiens pour un coût de 700 F. La cuvette baptismale sur pied, en marbre rouge, fut livrée par M. Fourquet de St-Omer pour la somme de 85 F. On accède à cette chapelle, à partir de l'intérieur de l'église, par une double porte en chêne finement ouvragée dans un style néo-gothique. Elle fut fabriquée en 1860 "aux frais d'une honorable personne".
La construction de la chapelle baptismale a entraîné la suppression du portillon du côté Sud.
En 1860, les quatre fenêtres de la basse église, "qui se trouvaient dans un délabrement complet," furent agrandies d'environ un tiers et agrémentées d'un vitrage de couleur, œuvre de M. Codron, vitrier à Tatinghem. En 1869, on a restauré et agrandi la sacristie. C'est alors que son entrée à partir du cimetière a été supprimée. En 1874, une importante modification a été apportée au retable du maître-autel. Dans l'ouverture, laissée à dessein dans son centre, le frère Mesnel avait, en 1700, fait placer un tableau qui représentait "Jésus flagelle". C'était une peinture sur bois de Flancigny qu'il avait cédé à la fabrique pour la somme de 15 livres. Déjà en 1783, ce tableau était dégradé, au point que l'abbé Gode, doyen de Guînes, le qualifiait "fort indécent". En 1870, le bois en était complètement vermoulu.
La lettre pastorale, adressée le 27 mai 1871, par Mgr Lequette, évêque d'Arras, pour la consécration du diocèse au Sacré-Coeur de Jésus puis la décision prise, en 1873, par le gouvernement de faire construire sur la butte Montmartre une basilique dédiée au même Sacré-Coeur, inspirèrent, semble-t-il, l'abbé Dutoit. Il proposa de remplacer le tableau vétuste par un buste du Sacré-Cœur. A cet effet, il fallut faire creuser une niche et, afin d'éclairer discrètement la statue par le haut, aménager dans le chevet une petite fenêtre.
Ce Christ polychrome, qui se détachait sur un fond bleu-ciel étoilé, produisait le plus heureux effet. Tel quel, on pouvait le voir encore, en 1944, à la mort de l'abbé Heude. Après qu'on eût mis en place la statue du Sacré-Cœur, on s'aperçut que le tabernacle en cachait une grande partie. Outre l'inconvénient de sa hauteur, ce tabernacle n'était pas dans le style du maître autel. Il s'avéra que celui de l'ancienne église de Campagne conviendrait mieux. Sur proposition de l'abbé Dutoit, le conseil de fabrique décida de le racheter en même temps que l'expositoire qui le surmontait. Enfin, tout au long du 19e siècle, on a continué de lutter contre les effets de l'humidité à l'intérieur de l'église par l'application, sur les murs, de lait de chaux puis de produits hydrofuges.
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19e siècle – Restauration de meubles – Acquisition d'objets du culte :
Les registres des comptes de la paroisse pour le 19e siècle font état de sommes, plus ou moins importantes, destinées à la réparation ou à l'acquisition de "meubles et ustensiles pour l'église et la sacristie". Il fallait remettre en bon état des meubles qui avaient subi les outrages du temps et remplacer des objets indispensables à la célébration des offices, les uns usagés, les autres qui avaient probablement disparu sous la Révolution. En 1838, on a installé une nouvelle balustrade entre le chœur et la tour. En 1840, on a restauré de nouveau le confessionnal. En 1842, on a remplacé le calice et acheté une armoire de sacristie. En 1845, on a fait l'acquisition d'un ostensoir, d'un chaudron en cuivre "pour le service de la sacristie", d'une sonnette" pour le service de l'autel", d'un goupillon "pour distribuer l'eau bénite" et d'une croix de tabernacle "avec Christ et rayons dorés". En 1846, on a acheté un lustre et deux fallots gothiques. On a remplacé le ciboire. En 1853, on a remplacé la pierre d'autel. En 1863, on s'est procuré un pupitre pour le missel et des tabourets pour les enfants de chœur. En 1871, on a fait l'achat d'un harmonium et d'un dais. En 1874, on a remplacé le tabernacle et acheté un expositoire. On s'est procuré un autre confessionnal. Au cours du 19e siècle, on a également acquis quatre vases en porcelaine sur socles, quatre chandeliers en bois, une petite statue de vierge en bois polychrome, deux burettes et leur plateau en argent. Ces objets précieux, l'armoire de sacristie, l'ostensoir, le chaudron en cuivre, les fallots gothiques, les fonts baptismaux figurent sur l'inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés établie par arrêté préfectoral à la date du 4 mai 1976. Sont aussi inscrits sur cette liste, le maître-autel et le retable, le tabernacle et l'expositoire, la cuve de la chaire, le bénitier, la statue de Ste Anne avec la vierge et l'enfant Jésus, triade en bois polychrome, qui datent du 17e siècle, ainsi que deux chandeliers en laiton et une statue de Sainte martyre en bois polychrome attribuée au 18e siècle. 19e siècle – Linge sacré, Ornements sacerdotaux – ex - voto : Au cours du 19e siècle, on a renouvelé régulièrement le linge d'autel, les vêtements ordinaires du prêtre et des enfants de chœur et les livres. On a acquis progressivement les ornements spéciaux (chapes, chasubles, étoles, manipules) que les règlements prescrivent aux prêtres de revêtir, pour célébrer les offices et les cérémonies du culte, aux fêtes et aux différents temps de l'année liturgique : (temps de l'Avent, Noël, Carême, temps pascal) aux vêpres et saluts, aux messes d'enterrement. On s'est vu offrir en ex-voto des statues pour l'église, des bannières et des oriflammes pour les processions. Jamais la foi n'avait été aussi ardente et les dons faits à l'église aussi nombreux qu'en ce 19e siècle. La plupart des vêtements d'apparat et plusieurs bannières sont conservés dans l'armoire de la sacristie.
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L'église au début du 20e siècle :
Sur le côté droit de la basse église, après la chapelle baptismale, entre les deux fenêtres, un calvaire est appliqué à la muraille. La croix est en chêne massif joliment travaillé, et le Christ polychrome en bois. Sur le côté gauche, face à ce crucifix, se trouve ce que les paroissiens appellent "la chapelle de la Vierge". C'est un petit autel avec au-dessus une statue de la Vierge sur fond de draperie bleu-pâle. De part et d'autre de cet ensemble sont posées, sur des socles accrochés à la muraille, les statues de St-Pierre et de St-Paul "assez bonnes quoi qu'un peu théâtrales d'aspect". Elles datent du 18e siècle. Au bas de l'arcade qui soutient la tour, il y a, sur la droite, la chaire en chêne sculpté "d'un bon travail" et, sur la gauche, un confessionnal tout ordinaire. Sous la tour, contre l'arc triomphal, se dressent, d'une part, un petit autel dédié à la Vierge et, d'autre part, un petit autel dédié à St-Joseph. La décoration de l'arc triomphal et ces deux petits autels sont dans le même style. Il faut s'avancer jusqu'à la table de communion en chêne ciselé, qui sépare la tour du chœur, pour découvrir dans toute sa splendeur le retable à colonnes torses, de style Louis XIII, adossé au chevet. Ce chef d'œuvre, à la gloire de St Omer, patron de la paroisse, figure à l'inventaire supplémentaire des objets classés. Le retable, le maître-autel avec le tabernacle et l'expositoire, forment un ensemble de bon goût. Ce qui retient l'attention c'est, au centre du retable, dans sa niche, le buste du Sacré-Cœur. Peint en couleurs naturelles, discrètement éclairé, le Christ apparaît majestueux. Aux murs du chœur sont appliqués des lambris auxquels sont adossées des stalles en chêne vernies. Celles de gauche sont tout ordinaires. Par contre celles de droite sont de toute beauté. Il y a place dans ces stalles pour six personnes. Les quatorze stations du chemin de croix sont suspendues aux murs sous la tour et dans la nef. Trois lustres munis d'éléments en cristal taillé, permettent d'éclairer le sanctuaire pendant les offices du soir. Nombreuses sont les statues réparties çà et là dans l'édifice : St-Michel terrassant le dragon, St-Antoine de Padoue, Ste Jeanne d'Arc, St Benoît Labre, le curé d'Ars, la Vierge de Lourdes, Ste Thérèse… Elles sont toutes polychromes. Plusieurs pierres tombales tout effacées se voient dans la basse église. Tel apparaissait encore l'intérieur de l'église au décès de l'abbé Heudé en 1944.
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 1906 Séparation de l'Eglise et de l'Etat :
Conformément à la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, c'est le 16 février 1906 que devait se dérouler l'inventaire des biens mobiliers et immobiliers de la "mense succursale de l'église de Bouquehault avec l'église annexe de Campagne." Un avis de convocation avait été présenté, le 10 février, à l'abbé Heudé, par deux gendarmes. Le prêtre avait refusé d'y apposer sa signature. M. Brisset, percepteur à Licques, était chargé de dresser l'inventaire. Il fut accueilli par le curé, par les membres du Conseil de fabrique et par un certain nombre de paroissiens. Après avoir écouté une vive protestation du prêtre et s'être entendu refuser par trois fois la clé de l'église, le percepteur renonça à remplir sa mission. Le même M. Brisset revint le 10 mars suivant accompagné, cette fois, de quelques officiels et de gendarmes. Ces gens se trouvèrent en face d'une foule hostile, massée face au portail de l'église. Après vingt minutes de sommations, le portail fut facilement ouvert à l'aide d'une clé que leur avait remise M. Boulanger, maire ; La porte de la sacristie fut forcée ; Un inventaire fut rapidement dressé. Après quoi, officiels et gendarmes quittèrent les lieux sous les huées de la foule. Toujours conformément à la loi, une allocation annuelle, pour une durée de quatre ans, fut accordée, en avril 1906, à l'abbé Heudé, par délibération du Conseil Municipal, après approbation du préfet. En décembre 1906, les biens mobiliers et immobiliers, possédés par la fabrique, furent placés sous séquestre. L'abbé Heudé fut invité à en demander, par écrit, la jouissance à titre gratuit, pour une durée de dix-huit ans. Sa demande fut approuvée par le Conseil Municipal.
Le 24 avril 1910, la Commune était autorisée "à provoquer le décret d'attribution des biens autrefois détenus par l'ex-fabrique de l'église." La liste s'établissait comme suit : - 1 ha 45 a 70 ca de terre provenant du legs d'Ursule Bernet, - La nue propriété de 449 francs de rente provenant de Mme Arzélie Sénicourt à charge d'entretien de tombe, - 94 francs provenant d'un legs d'Amélie Bernet, - 62 francs provenant de Mme Huguet-Doret.
En 1914, la Commune fut autorisée à louer la parcelle de terre. Quant aux 605 francs de rente, elle fut invitée à les mettre à la disposition du bureau de bienfaisance. C'est encore conformément à la loi que la location à bail du presbytère, devenu propriété communale, avait été fixée à 100 francs par an par la majorité des membres du Conseil Municipal, le 15 juin 1907. Le desservant devait, en outre, acquitter les impôts et les taxes de toute nature et souscrire une assurance-incendie. Il était aussi tenu aux réparations d'usage.
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1900 – 1945 – Travaux d'entretien et dernières acquisitions :
L'abbé Félix Heudé fut nommé curé de Bouquehault et de Campagne le 1er janvier 1900. Il allait y exercer son ministère jusqu'à sa mort en 1944. A son arrivée, l'église n'avait besoin d'aucunes réparations extérieures. L'intérieur était en parfait état. Vêtements sacerdotaux, linge liturgique, mobilier et objets du culte, rien ne manquait. C'était le résultat de quarante-cinq ans de bonne gestion, par l'abbé Dutoit et les membres de son Conseil de fabrique, des fonds importants recueillis auprès des paroissiens, et de la bonne entente qui avait régnée entre ce prêtre et les différentes municipalités.
En 1919, on a fait repeindre et redorer les autels. On a fait remettre à neuf et repolychromer toutes les statues.
En 1925, la Commune a fait remplacer les vitraux des quatre fenêtres de la basse église. Les nouveaux vitraux aux "couleurs chatoyantes sont sortis des ateliers Fourmaintraux de Boulogne-sur-mer. Ils ont coûté 850 F. Quelques dons de valeur ont encore été faits à l'église en ce début du 20e siècle. Un nouveau chemin de croix, provenant d'un don anonyme, a été mis en place en 1913. Il a été béni le 14 décembre de la même année par le chanoine Evrard, doyen de Guînes. Une bannière de Ste Jeanne d'Arc a été donnée par la famille Boulogne-Fournier, "en merci à la Sainte qui a ramené sains et saufs les deux chers soldats, Léon Boulogne père, et Georges Boulogne fils". Elle a été bénie le 15 avril 1922. Une statue de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, don de M et Mme Charles Quiquet-Boulogne, a pris place dans la nef en 1924. Un magnifique ciboire a été remis à l'église, le 14 janvier 1925, jour où l'on célébrait vingt-cinq années de ministère dans la paroisse de l'abbé Heudé. Il avait été acquis pour une somme de 575 F provenant d'une souscription opérée auprès des paroissiens. Une bannière de Notre-Dame de Lourdes a été offerte, en reconnaissance de la guérison d'une petite fille, en 1925. Enfin, une superbe bannière, sur laquelle on voit Ste Thérèse qui fait pleuvoir des roses sur l'église de Bouquehault, a été acquise sans qu'on en connaisse l'origine.
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Vers l'église actuelle :
Avec les sucesseurs de l'abbé Heudé, les abbés Joseph Parmentier et Joseph Didiers, d'importantes transformations furent opérées, tant sur le plan architectural que sur le plan ornemental, qui changèrent l'aspect intérieur de l'église. La tour reposait autrefois sur deux arcades en ogive absolument identiques. Les fidèles, qui siégeaient près des murs de la nef, non loin de l'arcade la plus proche, ne pouvaient voir complètement le maître-autel. Afin de remédier à cet inconvénient, l'abbé Parmentier eut l'idée de faire modifier cette arcade, de lui donner plus de largeur et plus de hauteur.
C'est Raymond Gillot, le maçon du village qui, en 1946, réalisa cette transformation particulièrement délicate. Après avoir fait enlever les stalles, la garniture de l'arc triomphal et les deux petits autels qui se trouvaient sous la tour, parce que le bois était vermoulu ou passablement détérioré par l'humidité au contact de la pierre calcaire, l'abbé Parmentier fit revêtir les murs intérieurs de l'église d'un enduit de mortier puis d'une couche de peinture. Il fit aussi, repeindre le retable et le maître-autel en blanc et or. Crucifix en bois, tabernacle et expositoire datant du 17e siècle Le chœur de l'église à la fin du 20e siècle Statue de Ste Anne à la Vierge et à l'Enfant-Jésus Triade du 17e siècle
L'abbé Didiers voulait, disait-il, "redonner à l'intérieur de l'église la simplicité des premiers sanctuaires". Il ne conserva des statues que celles du Sacré-Cœur, de la Vierge, de St-Joseph, de St-Pierre et de St-Paul et, paradoxalement, celles de Ste-Jeanne d'Arc et de St-Antoine de Padoue. Il les fit recouvrir d'une couche de peinture brillante blanche leur ôtant ainsi toute expression. Il fit enlever le calvaire. La croix fut remisée au presbytère. Quant au Christ, nul ne sait ce qu'il est devenu. Il ne garda de la chaire que la cuve qu'il plaça dans le chœur, sur la gauche, à proximité du maître-autel. Il fit modifier le confessionnal avant de l'introduire dans la chapelle baptismale. Il fit remplacer les lustres par de simples ampoules électriques. Il supprima toutes les quêtes faites aux offices et ne laissa, à l'entrée de l'église, qu'un simple tronc.
La tribune, où s'entassaient bon nombre de paroissiens les jours de grande affluence aux offices, fut condamnée par mesure de sécurité. L'harmonium qui s'y trouvait fut descendu et placé là où était auparavant la chaire. Lorsque l'ordre fut donné aux prêtres de célébrer désormais la messe face aux fidèles, l'abbé Didiers fit supprimer le banc de communion afin de placer le maître-autel sous la tour. Le vide, laissé à la base du retable, fut comblé provisoirement par une peinture sur bois, exécutée par deux élèves des Beaux Arts de Calais, une œuvre remarquable mais en complet désaccord avec l'ensemble.
En 1977, l'abbé Didiers fit l'acquisition d'un autel mobile, d'un tabernacle sur pied et de trente-cinq bancs prie-Dieu destinés à remplacer bon nombre de chaises des deux églises en mauvais état. Ce mobilier, en chêne verni d'excellente qualité, provenait des Pères assomptionnistes d'Arras. Il a été acheté 16 000 F alors qu'il était estimé 55 000 F. Quatorze bancs prie-Dieu ont été déposés dans l'église de Bouquehault. 3 000 F furent versés, par la Commune, à la caisse paroissiale, à titre de participation à cet achat. Le maître-autel fut remis à la base du retable. Le nouvel autel, le tabernacle sur pied et la cuve de la chaire furent placés sous la tour.
Réalisant peut-être alors que le Sacré-Cœur avait perdu tout son éclat, l'abbé Didiers le cacha derrière une tenture blanche devant laquelle il suspendit un crucifix. Ce crucifix se trouvait auparavant au presbytère, dans la chambre du prêtre. Il y était déjà au temps de l'abbé Dutoit. Il est tout en bois.
L'abbé Didiers était apiculteur. Dans le jardin du presbytère il y avait un nombre impressionnant de ruches. C'est avec l'argent rapporté par la vente du miel d'une année particulièrement favorable qu'il fit électrifier la cloche. Il a ré-introduit dans l'église la triade de Ste-Anne à la Vierge et à l'enfant-Jésus, après l'avoir fait restaurer avec l'aide des Services départementaux. Cette statue en bois était en bonne place au presbytère.
Enfin, l'abbé Didiers a doté l'église d'un instrument de musique, mi-harmonium, mi-orgue, très ancien aux grandes possibilités, qu'il a acquis gracieusement. Il n'est plus utilisé depuis le décès, en 1991 du chantre, Robert Ringot, qui était le seul à savoir s'en servir. Il est remisé à la tribune. Il excite la convoitise des antiquaires.
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1983 – 1987 – Derniers travaux de restauration :
Peu après la seconde guerre mondiale, sous le ministère de l'abbé Parmentier, une remise en bon état de la toiture de l'église, sur le compte des dommages de guerre, ainsi que l'application sur ses murs intérieurs d'un enduit de mortier, sur le compte de la paroisse, avaient été opérées. Depuis, le bâtiment subissait les outrages du temps dans l'indifférence des diverses municipalités et aussi, semble-t-il, de l'abbé Didiers. On était en 1983. Une mise hors d'eau de l'édifice s'imposait. Il fallait réparer deux parties de plafond de la nef endommagée par l'eau de pluie qui, depuis des années, s'infiltrait au raccord du toit de la basse église et du mur Ouest de la haute église. La double porte d'entrée, dont le bas était pourri, était à remplacer. Il était indispensable de refaire la base de deux colonnes qui soutiennent la tribune. Deux parties de mur, de part et d'autre de l'entrée, à l'intérieur de la basse église, où l'enduit de mortier s'était décollé, étaient à regarnir.
Une partie de plafond sous la tribune était à replâtrer. Il fallait, à l'extérieur, remplacer un seuil branlant et, à l'intérieur, refaire des marches usées et glissantes. Les voûtes et les nervures du chœur et de la tour demandaient à être restaurées si' l'on voulait remettre en peinture l'intérieur de la haute église. La fenêtre de la sacristie était à remplacer. Il fallait faire remettre en état de bon fonctionnement la cloche qui, depuis longtemps, ne faisait plus que tinter. On s'était aperçu qu'elle frappait dangereusement la charpente du clocher quand elle sonnait à la volée. Pour cette raison, l'abbé Didiers l'avait immobilisée.
Quelques personnes du village, soucieuses de la conservation du patrimoine communal, décidèrent d'alerter M. Lepoutre, maire nouvellement élu, et l'abbé Didiers, sur l'état du bâtiment, et leur dirent leur intention de se grouper en association, loi 1901, et d'œuvrer afin de recueillir des fonds qui viendraient en complément de ceux que, l'un et l'autre, pourraient apporter à sa restauration. Ils obtinrent leur accord.
Le 2 décembre 1983, l'association "Bouquehault-Avenir" était autorisée, par la Sous-Préfecture de Calais, après publication au Journal Officiel. Elle comprenait au départ treize membres actifs. Un appel à la générosité fut immédiatement lancé aux habitants et anciens habitants du village et aux propriétaires fonciers dont les noms figuraient sur la matrice cadastrale. Il permit de recueillir 6 580 F. M. Philippe Durand, de la Verrerie-cristallerie d'Arques, proposa de fournir la peinture nécessaire à la rénovation des voûtes et des murs de la haute église.
Un enthousiasme se manifesta. Quelques paroissiens ayant des aptitudes en menuiserie, en maçonnerie et même un plâtrier de profession, offrirent d'effectuer bénévolement les divers travaux et réparations envisagés. Une famille particulièrement généreuse fit fabriquer et mettre en place un nouveau portail. Elle prit également à sa charge une fenêtre pour la sacristie et tous les matériaux utilisés par les bénévoles.
Pour sa part la Commune fit, comme elle le devait, mettre le bâtiment hors d'eau. Un bardage en plaques de fibro-ciment du mur Ouest de la haute église et du clocher, en même temps qu'une révision de la couverture de la flèche et qu'une remise en bonne position du coq, qui ne remplissait plus sa fonction de girouette, furent réalisés, avec l'aide d'une subvention du Conseil Général. En 1984 des cartes de membre bienfaiteur furent proposées un peu partout. Elles apportèrent 2 950 F. Ainsi, en fin d'année l'Association disposait d'une somme de 9 530 F. La remise en peinture de la haute église pouvait être envisagée. L'entreprise Ellart de Licques consentit à faire le travail pour 7 240 F. Restait à remettre la cloche en état de bon fonctionnement.
M. le Curé apporta d'abord une somme de 2 500 F prélevée sur la caisse paroissiale. Il consentit à solliciter des fidèles, lors des jours de fête où l'assistance était nombreuse à la messe, une offrande en vue de la "réparation de la cloche" 5 439 F furent collectés. M. Lepoutre, maire, fit un don de 2 520 F. L'Association était, au début de l'année 1987, en mesure de faire effectuer les travaux. Ils furent confiés à Mrs Seys, père et fils, de la Société Amédro de Calais, pour un montant de 11 148 F.
Et le 14 juin 1987, jour de Pentecôte, où l'on célébrait la cérémonie de la communion solennelle des enfants, on entendit la cloche reprendre sa volée, à la grande satisfaction de l'abbé Didiers et de la communauté paroissiale. On pouvait, dès lors, envisager la remise en peinture des murs et du plafond de la nef. Mais comment se procurer les fonds nécessaires ? On proposa, un peu partout, des cartes postales au profit de la "restauration de l'église". La vente rapporta 4 630 F. On comptait beaucoup sur la participation de M. le Curé. Ce dernier fit connaître qu'il renonçait à solliciter de nouveau les fidèles. Diverses solutions furent proposées, par des membres de l'Association, pour recueillir de l'argent : kermesse, brocante, ball-trap… Aucune ne fut retenue. Et la question est restée en suspens.
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 Dans l'avenir :
L'abbé Didiers s'est éteint le 29 juin 1998, à l'âge de 94 ans, après 44 années vécues dans la paroisse. Il y avait exercé ses fonctions sacerdotales quasiment jusqu'à sa mort. Aucun prêtre n'a été nommé pour lui succéder. Depuis son départ, la messe dominicale n'est plus célébrée qu'une fois par mois, par des prêtres âgés étrangers à la commune. L'assistance est réduite. Les quêtes apportent peu. Il n'y a guère qu'aux rares mariages et enterrements qu'elles sont importantes. Il est certain qu'à l'avenir le clergé ne disposera plus de moyens financiers suffisants pour assurer, comme il lui revient, l'entretien de l'intérieur de l'église. Sans doute la Commune sera-t-elle toujours dans l'obligation de tenir l'édifice hors d'eau. Mais il faudra qu'elle prenne aussi à sa charge, dans le cadre de la conservation de son patrimoine religieux, l'entretien de l'intérieur, si elle veut que subsiste ce témoin du passé qui a eu tant d'importance pour les générations qui nous ont précédés.
Les cloches de l'église
Dans le clocher de l'église de Bouquehault il y a place pour deux cloches et il est certain que, jadis, il y en avait effectivement deux. La preuve nous en est donnée par une quittance, rédigée par Bacquet, maréchal à Campagne, ainsi libellée :"J'ai reçu de Nicolas Bernet la somme de quarante-quatre livres douze souls pour avoirs livrés de ferure et racomodé le deux pioce (?) dune cloche et un batans a l'autre cloche à léglise de bouquehault le dix de mars mil sept cent quatre-vingt douze". Il semble que ce soit depuis 1831 qu'il n'en reste qu'une seule. D'après le registre des comptes de la paroisse, on a payé à Jean Cadet, le 1er mars 1683, deux livres cinq sols pour avoir recouvert l'endroit par où une cloche a été montée. Sur le plus ancien registre de catholicité conservé aux archives départementales, on peut lire l'acte suivant :"Le 16e de février 1694 a esté baptizé solennelement par monsieur Norbert Frouart prieur de l'Abbaye de Licques la Cloche de cette Eglise.
Laquelle a esté nommé Louise margueritte par Monsr Pierre Cetou par procuration de Messire Alphonse Louis de Castile Seigr marquis de chenoise baron de Bouquehault et par Mademoiselle Marie Margueritte Fisset a présent Madame Daty en présence de Fre Michel Sauvage curé et autres quy ont tous signé avec nous sur la minute." Signé F. M. Sauvage.
En 1732, on aurait installé une cloche dont le parrain aurait été Jean-Baptiste de Roussé, marquis d'Alembon, baron d'Hermelinghen et connétable héréditaire du comté de Guînes. Les registres paroissiaux nous fournissent de nombreux détails sur les cloches qui se sont succédées de 1747 à nos jours. Le 25 février 1747, une cloche a été refondue à St-Omer par M. Gugelot."466 livres, 15 sols furent payés à Gugelot. Plus 120 livres, 7 sols pour les autres frais. De sorte que la cloche toute montée a coûté 587 livres, 2 sols."
La cloche, qui fut installée en 1765, fut fondue le 18 août par les frères Roblot "dans la pâture de Nicolas Doutreaux avec celle de St-Trica et de Balinghem et celles des Ataque paroisse de Marq". Voici la copie de l'acte de bénédiction : "L'an mil sept cens soixant cinq, le vingt un août, j'ay été besny par Maître Nicolas Augustin Savary, prêtre, curé de Bouquehault. J'ai eu pour parrain haut et puissans seigneur Auguste Louis Joseph de Calonne, chevalier, marquis de Courtebourne, baron dudit Boucquehault, pair de Bouvelinghem, seigneur du Petit Quercamps, West-Beaucourt, Le Chateler, Coulomby, Harlette et autres lieux, capitaine de cavalerie au régiment d'Orléans, lieutenant de roy de la province d'Artoy, et pour marraine haut et puissante dame Madame Marie Louise Joseph de Calonne de Courtebourne, sa sœur, épouze de haut et puissans seigneur Louis Charles, comte de Calonne de Courtebourne, chevalier, seigneur du Mont et autres lieux, chevalier de l'ordre royal et millitaire de St-Louis". La cloche s'appelle Louise.
Nicolas Doutréaux était alors marguillier et son nom figurait sur ladite cloche. Le marché, pour la réalisation de cette cloche, avait été conclu le 28 mars 1765 avec les trois frères IIe (?) Joseph et François Roblot "au prix de 100 livres de France, tous frais faits sans livraison d'aucuns matériaux… au bon plaisir (c'est-à-dire aux frais) de M. le marquis et des principaux habitants de la paroisse." Le métal utilisé provenait de la cloche installée en 1747. Une autre cloche fut montée en 1778. Elle fut fondue, en un lieu proche de l'église, par Charles Baudoin de Bergues et François Garnier de Romain-sur-Meuse, proche la ville de Bourmont en Lorraine. 703 livres de métal, en provenance de Bergues, furent utilisées et le prix de revient, installation comprise, atteignit 1195 livres, 11 sols 6 deniers.
L'acte suivant, qui se trouve dans le registre de la fabrique de l'église, reproduit à peu près textuellement l'inscription qui devait figurer sur cette cloche :"L'an 1778 et le 13 de juillet, en vertu d'une commission à nous donnée par Mgr l'Illustrissime et Révérendissime Evêque de Boulogne duement signée + F. J. Evêque de Boulogne en datte du 6 juin dernier, avons bénie sous l'invocation de Sainte-Marie Louise Antoinette, la seconde cloche de cette paroisse. Le parrain Messire Louis Marie Antoine Dessaux, écuier, sgr d'Ostove, de l'Hermitage et autres lieux, résidant sur son bien, et la marraine damle Marie Louise Antoinette Dessaux, sa sœur aînée, et cette cloche fut nommée Marie-Louise-Antoinette ; lesquels parrain et marraine ont avec moi signé en présence de Messire Louis François Dessaux et de Jean Jacques Nicolas Fournier, marguillier et reveveur de la fabrique, aussi avec nous signés." M. L. O Dessaux Dehaut Fournier Le Cher Dessaux F. Savary, pr. curé.
En 1816, une cloche fut fondue à Bouquehault même, dans la pièce de terre à droite du cimetière, par un fondeur également du nom de François Garnier. Le poids de la cloche n'est point connu. On y a ajouté 50 livres."Le parrain avait été M. Donjon de St. Martin et (la marraine) Mlle Donjon lesquels avaient donné leur procuration à M. Nicolas Bernet et à Mlle Ursule Bernet". "La fabrique paya 110 francs pour la refonte de la cloche et 100 frs pour l'addition de 50 livres de fonte, plus 70 frs 60 c pour dépenses supplémentaires. M. Loire était alors curé et M. Bernet maire". La cloche qui fut suspendue en 1831 avait été fondue à St-Martin-au-Laert par un nommé François Garnier de St-Omer (probablement le précédant). Elle eut pour parrain Nicolas Bernet d'Yeuse et pour marraine Mme Narcisse Bernet-Bernet. Elle fut bénie par l'abbé Jean-François Munier curé de la paroisse en présence de Christophe Hénon maire."On a payé au Sr Garnier 696 frs. De plus la remonte a coûté 17 frs et le voiturage de la cloche 56 frs". Les frais furent, en grande partie, couverts par le produit d'une souscription faite auprès des paroissiens.
Deux relevés du Bureau de pesage de St-Omer figurent dans les archives de la fabrique. Le premier, daté du 27 mars 1831, atteste que la cloche qui fut livrée à cette date pesait 774 livres. Le second, daté du 26 août de la même année, concerne deux cloches, une "petite" de 81 livres et une "forte" de 570 livres, qui furent reprises par François Garnier. La cloche, mise en place en 1831, aurait donc remplacé deux cloches.
En 1858, le 29 février (?), la cloche de Bouquehault s'est fendue le jour de l'enterrement de Thomas Duchateau. Le son de cette cloche, qui pesait 800 à 850 livres (?), était très clair et très beau. On attribue la cause de cet accident au froid piquant et à la gelée qui, entrant par les deux créneaux percés sur le pignon du côté nord, avaient condensé le métal. Vers la fin de mars 1858, on se hasarda à couper, ou plutôt à extraire, le morceau fendu de la cloche pour essayer d'obtenir un son moins félé. Ce moyen a en partie réussi.
C'est en 1862 que fut mise en place la cloche que nous entendons de nos jours. Elle a été obtenue par refonte de celle qui s'était fendue en 1858 et qu'on avait tenté de réparer. Elle porte l'inscription suivante :"Moi Marie Sophie Mélanie Ursule je fus baptisée par Mr Monteuuis curé doyen de Ghuînes (sic) le six avril 1862. Mon parrain fut Mr Narcisse Bernet ma marraine Mlle Sophie Brunet. Mr Edmond Dutoit était curé de la Paroisse de Bouquehault. Mr Philippe Fournier maire".
Plus bas : Vierge de l'Immaculée Conception et marque de Drouot frères, Faubourg Notre-Dame-lez-Douai.
L'ancienne cloche, qui pesait encore 400 kg, fut reprise à raison de 3 frs le kg, soit pour 1 200 frs. La nouvelle cloche, qui pèse 382 kgs, fut livrée au prix de 3 frs 80 c le kg, soit pour 1 451 frs 60 c. Les fondeurs réclamèrent par conséquent 251 frs 60 c. Il fallut ajouter à cette somme 48 frs 40 c pour les accessoires et pour les frais d'installation. La cloche montée revint donc à 300 frs. Comme la commune s'était engagée à participer pour moitié à la dépense, le total à payer par la fabrique atteignit 150 francs.
Sources :
Haigneré (abbé). Dictionnaire historique et archéologique du département du Pas-de-Calais Arrondissement de Boulogne. Rodière Roger. Epigraphie du Pas-de-Calais. Canton de Guînes St-Just (François de). Chronique intime des Garnier d'Ardres. Sangnier Georges. Les édifices religieux du Pas-de-Calais sous la Révolution Vion Albert. Calais et son district pendant la Révolution Registres de catholicité de la paroisse de Bouquehault Registres des comptes de la fabrique de Bouquehault (1625-1793) Questionnnaires des Evêques au curés de 1725 et de 1753 Registres de paroisse des abbés Dutoit et Heudé Etats de vente des biens nationaux de Bouquehault et de Campagne
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Aperçu de l'histoire de Bouquehault
La guerre de 1914-1918 a fait, comme ailleurs, des ravages dans la population masculine. 27 enfants de Bouquehault sont tombés au champ d'honneur. Leurs noms sont gravés sur une pierre apposée contre le pignon de l'église, à droite du portail. L'entre-deux guerre a vu deux réalisations importantes décidées sous le majorat de Léon BOULOGNE, l'électrification, commencée en 1930, et la construction, en 1932, d'une troisième salle de classe, rendue nécessaire par l'augmentation du taux de natalité qui a suivi la guerre de 1914-1918. En 1939, c'était la mobilisation générale. Bouquehault voyait partir la plupart de ses hommes en état de porter les armes. Quelque 27 d'entre eux allaient connaître la captivité. Le 23 mai 1940, les habitants de Bouquehault assistaient consternés à l'arrivée des troupes allemandes, une colonne motorisée, venant d'Hermelinghen et faisant route vers Guînes traversait le village. Des soldats allemands ouvrirent le feu en direction d'un groupe d'ouvriers occupés dans les champs. Un projectile atteignit Marthe DUCHATEAU, une adolescente de 14 ans. Elle décéda le lendemain, chez ses parents à Bouquehault, sans qu'un médecin n'ait pu se rendre à son chevet. A Campagne, un bref combat se déroula au cours duquel l'aspirant Jean-Marie KANENGIESER fut grièvement blessé, fait prisonniers et dirigés vers Desvres, ses camarades qui l'emportaient furent autorisés à le déposer dans la première maison de Bouquehault. Malgré les soins qui lui furent prodigués, en l'absence de tout médecin par Mademoiselle Marie BERNET, il décéda à l'aube du 24 mai. Sur la proposition de Marcel HARMANT, officier de réserve, l'instituteur et secrétaire de mairie, la municipalité a fait sceller, au bas de la pierre levée où sont gravés les noms des héros de la grande guerre, une plaque rappelant le sacrifice de Jean-Marie KANENGIESER. Le 1er juin suivant, un avion de chasse anglais du type "Spitfire", après avoir essuyer le feu des batteries anti-aériennes allemandes, alla s'abattre sur le "Communal". Le sous-lieutenant MASSEY-SHARPE qui le pilotait avait reçu une balle en pleine tête. Il fut enterré sur place par les Allemands. Le 17 avril 1942, un autre avion allié s'écrasa à proximité de Montgardin. Du pilote, on ne retrouva que des restes calcinés. Le 21 décembre 1943, Marius MARTIN, un bouquehaultier de 24 ans, employé au service de l'occupant, trouva la mort à Recques-sur-Hem au cours d'un bombardement aérien. Le 28 juin 1944, des aviateurs alliés jetèrent plusieurs bombes de part et d'autre de la rue du Moulin. Deux maisons et l'atelier du forgeron furent détruites. Plusieurs autres furent endommagées. Deux personnes furent légèrement blessées. La libération de Bouquehault par des élèments de l'armée canadienne eut lieu sans combat. Dans les derniers jours d'août 1944, on avait vu partir tous les soldats allemands cantonnent dans le village. C'est au soir du 5 septembre qu'on vit arriver le premier soldat canadien. On allait bientôt voir revenir sains et saufs tous nos prisonniers. Malheureusement, le 27 février 1945, alors que le calaisis était libéré de l'occupation allemande, trois personnes originaires de Bouquehault : Marie DAUVERGNE, Laure et Marguerite GUIBON, allaient trouver la mort au cours d'un bombardement aérien à Calais. Deux réalisations importantes ont marqué les années d'après guerre : la construction d'un groupe scolaire et l'adduction d'eau potable. Les dossiers furent établis sous le majorat de Clément DEMARET. Les travaux furent menés à bien sous le majorat de Lucien DECLEMY.
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